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Lundi 21 mars 2016

Secrets d’artistes : image double, image cachée

Une conférence de Sabine Wetterwald

Dépliant de la conférence de S. Wetterwald
Du 21/03/16

Avant la conférence, de 16 h à 17 h à la Galerie Robespierre, Place de l’Europe à Grande-Synthe, visite guidée de l’exposition Lumières ! Cette visite est réservée aux adhérents de l’association Convivialité en Flandre.

Expo Lumières !, Adam DE COSTER, Jeune Homme soufflant sur un tison, musée de Dunkerque

Lumières ! est la première exposition Hors-les-murs du musée des beaux-arts de Dunkerque (fermé par la municipalité pour une durée indéterminée) et permet de revoir près de vingt chefs-d’œuvre déplacés à la Galerie Robespierre de Grande-Synthe.
L’exposition rapproche les peintures du XVIIe au XXe siècle. Elle met en avant les conceptions artistiques et philosophiques qui sous-tendent l’approche singulière des peintres d’une époque avec les composants symboliques : la lueur d’une bougie, l’aube, le halo divin, un ciel d’orage, un incendie... Palettes, couleurs, lumières à découvrir avec intérêt.
Une occasion à ne pas manquer de revoir quelques chefs-d’œuvre de la collection du musée des Beaux-arts de Dunkerque, qui seront commentés par la médiatrice de la Galerie Robespierre.

À 18h, la conférence de Sabine Wetterwald se déroule dans la Salle 5 du complexe de cinémas du Pôle Marine. Le confort de la qualité des images sur un grand écran cinéma.

L’Association Convivialité en Flandre a choisi cette année pour thème L’image dévoilée et a proposé à Sabine Wetterwald de débusquer les secrets des artistes dans la conception de leurs œuvres ambivalentes ; c’est l’occasion de regarder les images d’art autrement et de mieux comprendre les codes et les intentions secrètes ou non de peintres et de sculpteurs.

Sabine Wetterwald

Sabine Wetterwald

Sabine Wetterwald est devenue historienne de l’art après avoir longtemps enseigné les mathématiques.
Responsable de la programmation artistique de Convivialité en Flandre, elle est déjà intervenue pour l’association à propos des précurseurs des Primitifs flamands, du clair-obscur dans la peinture, de l’histoire de la photographie ou du nombre d’or.
Elle aime partager sa passion de l’art.

Une image cachée dans un paysage de la Renaissance, un portrait composite d’Arcimboldo, la nature anthropomorphe de Matthaüs Merian, Herri Met de Bles ou Joos de Momper, une anamorphose d’Holbein, une nature morte hollandaise, une devinette d’Épinal..., autant de pistes pour explorer l’ambiguïté des formes, tant recherchée par les artistes qui malmènent notre perception et nous donnent à réfléchir.

Pinturicchio, Portrait de jeune homme, 1480-1485
Détrempe sur bois de peuplier, 50 x 36 cm, Gemäldegalerie, Dresde.
Giuseppe Arcimboldo, Tête réversible avec panier de fruits, ca. 1590
Huile sur bois, 56 x 42 cm, French & Company, New York.

Piranèse, William Hogarth et Maurits Cornelis Escher bouleversent notre idée des mondes possibles en utilisant une perspective particulière pour créer des images paradoxales ou impossibles.

Joos de Momper II, Paysage anthropomorphe (Allégorie de l’hiver), 1600-1620, d’après Arcimboldo
Hans Holbein, Jean de Dinteville et Georges de Selve (Les Ambassadeurs), 1533
Huile sur bois, 207 x 209 cm, National Gallery, Londres.
Une devinette d’Épinal ; trouverez-vous la cinquième oie ?

Piranèse, William Hogarth et Maurits Cornelis Escher bouleversent notre idée des mondes possibles en utilisant une perspective particulière pour créer des images paradoxales ou impossibles.

Piranèse, gravure sans titre dite "Le Pont-levis", planche VII (sur 16) de la série Les Prisons imaginaires, Rome, éd. 1761 (révision 1745).
William Hogarth, Satire sur une fausse perspective, gravure, 1754
William Hogarth, Satire on False Perspective, gravure exécutée en 1754 pour le pamphlet de son ami Joshua Kirby sur la perspective linéaire.
Maurits Cornelis Escher, La Cascade, lithographie, 1961
38 cm x 30 cm. Escher utilise la tripoutre impossible de Penrose.

Odilon Redon revendique le sens du mystère, nécessaire au peintre pour créer des images potentielles, tandis que Salvador Dalí complexifie ses images à multiples figurations avec sa méthode paranoïa-critique.

Odilon Redon, Profil sur méandres rouges, avant 1903
Pastel sur papier, 52 × 36 cm, Paris, musée d’Orsay.
Salvador Dalí, L’image disparaît, 1938
Huile sur toile, 56,5 x 50,5 cm, Théâtre-Musée Dalí.
Salvador Dalí, Marché aux esclaves avec le Buste of Voltaire diparaissant, 1940
Hst, 47 × 66 cm, Salvador Dali Museum, St. Petersburg (USA).
Markus Raetz, Métamorphose I, 1991, Genève
Markus Raetz (né en 1941), Métamorphose I, 1990-91, fonte, 32,2x27x12,5 cm, Genève, Musée d’art et d’histoire.
Daan Van Golden, Mozart, 2010
Huile sur toile, 62x70 cm, Collection Defares.

Dans une autre veine, les sculptures à points de vue multiples de Markus Raetz, ou les aperceptions de Daan van Golden, bousculent nos certitudes dans la façon d’appréhender les œuvres.

À charge pour chacun de nous, regardeur-explorateur-interprétateur, de développer sa perception en l’accompagnant d’abstraction et de conscience, afin de parvenir à débusquer l’extraordinaire dans l’ordinaire pour apprécier cet art jubilatoire.

Pour approfondir le thème :
-  À Lire :
• Jurgis BALTRUSAITIS, Les perspectives dépravées, Tome 1 : Aberrations, essai sur la légende des formes ; Tome 2 : Anamorphoses, coll. Champs, Flammarion, Paris, 2008
• Georges DIDI-HUBERMAN, Devant l’image, Les Éditions de minuit, 1990
• E. H. GOMBRICH, L’art et l’illusion, Gallimard, 1996
• Anton EHRENZWEIG, L’ordre caché de l’art, Gallimard, 2005
• Michel WEEMANS, Herri Met de Bles. Les ruses du paysage au temps de Bruegel et d’Erasme, Hazan, 2013
Devinettes d’Épinal, Tome 1, Nature et animaux, Imagerie d’Épinal, 2015

-  À consulter : les catalogues d’expositions
• Dalí, Centre Pompidou, Paris, 2012
• Fables du paysage flamand. Bosch, Bles, Brueghel, Bril, Lille, Palais des Beaux-Arts, 2012
• Une image peut en cacher une autre, Arcimboldo, Dalí, Raetz , Grand Palais, Paris, 2009
• Arcimboldo, Palais du Luxembourg, Paris, 2007
• L’Homme paysage, visions artistiques du paysage anthropomorphe entre le XVIe et le XXIe siècle, Palais des beaux-arts, Lille, 2006

-  À cliquer :
✰ Sur le site de Culturebox, les sculpteurs Raoul Marek et Markus Raetz dans la présentation vidéo (1 min 53) de l’exposition "Une image peut en cacher une autre" qui s’est déroulée à Paris au Grand Palais l’été 2009 ;
Un entretien avec Jean-Hubert Martin (7 min 25), Commissaire de l’exposition "Une image peut en cacher une autre", enregistré pour Décryptimages, le site internet d’éducation aux images
✰ Les images de M. C. Escher en couleur par Cordon Art B.V., Baarn, The Netherlands
✰ Une vidéo du Canal éducatif à la demande (CED) pour voir s’animer l’anamorphose des Ambassadeurs d’Holbein (9 min) ;
✰ Retrouver les images cachées de quelques devinettes d’Épinal dans cette vidéo de 5 minutes qui vous rappellera peut-être des souvenirs d’enfance.

Article publié le dimanche 20 mars 2016, par Convivialité en Flandre, Sabine Wetterwald