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Jeudi 19 mars 2015

Exotismes dans l’art français des Lumières

Une conférence de Benjamin Couilleaux

Auditorium du Musée des beaux-arts, Place du Général de Gaulle, Dunkerque

Membres ou non de l’Association Convivialité en Flandre, nos conférences vous sont ouvertes dans le cadre de notre partenariat avec la Ville et les musées de Dunkerque. Le tarif plein est de 6 € ; le tarif réduit est de 3 € pour les membres de l’Association. l’accès est gratuit pour les scolaires, étudiants et demandeurs d’emploi. Nous acceptons les " Passeports Senior ".

De 16h30 à 17h30 avant la conférence, "Carte blanche" à madame Claude Steen-Guélen, Attachée de conservation.

Elle présentera ses coups de cœur choisis parmi les collections d’objets venus d’ailleurs du Musée des beaux-arts.
Un moment d’échange où l’érudition se mêle à l’émotion, au partage et aux échanges.

Benjamin Couilleaux

Benjamin Couilleaux
Diplômé de l’École du Louvre et de la Sorbonne, Benjamin COUILLLEAUX est conservateur du patrimoine au Musée Cognacq-Jay, musée du XVIIIe siècle de la Ville de Paris, depuis juillet 2012. Après avoir été commissaire des expositions Dalou, regards sur le XVIIIe siècle (2013) Turqueries, Philippa Scottet Le Trait en liberté Dessins de François-André Vincent (2014), il organisera en 2016 une rétrospective Jean-Baptiste Huet et en 2017 une exposition des sculptures du Musée Cognacq-Jay accompagnée du catalogue raisonné de ce fonds.
Ses travaux portent entre autres sur la peinture italienne, et notamment Venise. Il a participé aux expositions Titien, Tintoret, Véronèse…Rivalités à Venise, présentée au Musée du Louvre en 2009, et Corps et ombres Caravage et le caravagisme européen, montrée l’été 2012 au Musée Fabre à Montpellier. Il prépare actuellement une monographie sur Lambert Sustris, peintre d’origine hollandaise actif au milieu du XVIe siècle dans la région de Venise, dans le cadre d’une thèse soutenue à l’École Pratique des Hautes Études, ainsi que le catalogue raisonné des peintures italiennes du Musée Fabre.
Il enseigne l’histoire de l’art européen des XVIIe et XVIIIe siècles à l’École du Louvre et à l’Institut Catholique de Paris.
Vous aviez apprécié sa dernière intervention en 2014 pour notre association à propos des Espaces baroques à Rome au XVIIe siècle.

Carle Van Loo, vers 1752, La Marquise de Pompadour en dame turque buvant du café, Musée de l’Ermitage, Saint-Petersbourg

La France assure une position de premier plan dans l’Europe du XVIIIe siècle, en particulier dans le domaine de la culture où elle devient un véritable modèle de civilisation. Cette hégémonie intellectuelle, loin de pousser à un isolement identitaire, s’accompagne d’un formidable engouement pour les cultures étrangères, en particulier lointaines.
L’intérêt pour l’ailleurs dans la France des Lumières naît notamment des nouveaux réseaux commerciaux et des ambassades à la cour de Versailles. De ces contacts sporadiques mais souvent superficiels, émerge une attitude d’étonnement face à l’autre, jamais de condescendance. Dans les mœurs comme les œuvres, la fantaisie ethnographique se mêle au fantasme de l’ailleurs.

Il faut véritablement parler d’exotismes dans la mesure où l’attrait pour telle ou telle culture se fait au gré des modes et des circonstances sociales ou politiques. L’ambassade de Siam, reçue par Louis XIV en 1684, initie un goût durable pour l’Extrême-Orient, dont témoignent les fameux décors de chinoiseries, les pagodes de jardins, ou encore la technique du vernis Martin imitant les laques japonais. Avec l’ambassade du sultan ottoman en 1742, la France se met à l’heure des turqueries, véritable art de vivre de Madame de Pompadour à Marie-Antoinette : la cour se complaît dans des boudoirs peuplés d’odalisques et de chameaux, en se travestissant à l’occasion dans des costumes turcs.

Quoique plus limitées dans le temps et l’intensité, d’autres tendances exotiques voient le jour tels les russeries élaborées par Jean-Baptiste Leprince, élève de Boucher qui voyagea dans l’empire des tsars, ou encore l’intérêt pour l’Espagne picaresque de Don Quichotte. Cette diversité de modèles iconographiques reflète la volonté des artistes de se tourner vers d’autres sources d’inspiration que la culture classique, pourtant dominante.

Les événements rapides et irréversibles de la fin du siècle, cristallisés autour de la Révolution, changent profondément la conception de l’altérité et son expression esthétique. L’abolition de l’esclavage en 1794, dans un souci réel d’égalité entre les hommes, s’accompagne des premiers véritables portraits de noirs, empreints d’une dignité inédite. Ce rapport à l’autre prend une autre tournure avec la campagne d’Égypte, fiasco militaire mais grande aventure scientifique : la découverte concrète des antiquités pharaoniques et du monde islamique constitue le point fondateur de l’orientalisme du XIXe siècle.

Pour approfondir le thème :
- Mieux comprendre la fascination qu’exerce le mythe ottoman sur l’Occident depuis plus de 500 ans avec Turqueries, un livre de Philippa Scott paru chez Thames & Hudson en 2001dans la collection Le génie du lieu.
- Un article tiré du magazine GÉO Histoire n°14 ("Louis XIV et Versailles", janvier 2011) : L’expédition du Siam : La folle épopée coloniale de Louis XIV.

Article publié le jeudi 19 mars 2015, par Convivialité en Flandre